#7 L'ouverture du Grand Palais

6.10.17

Ouverture du Grand Palais (1900) exposition universelle Paris

S’il n’a pas été très difficile d’identifier ce célèbre bâtiment parisien, la date a été moins aisée à trouver. Un détail nous a vite intrigué. Nous nous trouvons forcément à l’entrée sud-est du Grand Palais, côté Cour de la Reine, soit à la sortie du Pont Alexandre III. Or on remarque que le quadrige, la statue monumentale figurant char et chevaux fixée au-dessus de la porte latérale – et ce de part et d’autre du Palais – a disparu ! Pourtant les quadriges figurent bien sur le bâtiment depuis son origine comme l’attestent les représentations de l’époque (cliquer ici). Rappelons que le Grand Palais a été érigé pour l’Exposition Universelle de 1900.

Après moultes recherches, nous avons finalement trouvé l’explication. Lors de l’ouverture de l’Exposition, le 14 avril 1900, le Grand Palais n’était pas prêt. L’exposition qu’il devait abriter, une grande rétrospective de l’art français (4500 tableaux et 500 sculptures !) n’était pas encore en place. Ce n’est que quinze jours plus tard, le 1er mai précisément, que le Grand Palais sera inauguré et ouvert au public. Or le commissaire général, craignant le mauvais effet des échafaudages pendant la durée de la fête, a décidé que la mise en place des quadriges ne se ferait qu’après la fermeture des portes de l’Expo, soit au mois de décembre. La photo a donc été prise entre le 1er mai et la fin décembre 1900.

Quoiqu'il en soit, on peut comprendre l’intérêt de Monsieur Eugène pour le Palais. Protégé des regards par des hautes palissades, le chantier avait passionné les parisiens pendant toute la durée des travaux. Un vrai feuilleton : grèves, intempéries, difficultés techniques, chantier démesuré … Construit sur l’emplacement du Palais de l’Industrie (vestige de l'Exposition de 1855) en un temps record (à peine trois ans), véritable prouesse technique, son succès fut unanime : même s’il manquait encore les quadriges du sculpteur Récipon, on admira la nef et ses 3 hectares de verre, cette belle alliance du classicisme et de l'Art nouveau, on s’enthousiasma pour "l'effet grandiose obtenu par l'alliance de matériaux” (le fer et la pierre), on s’extasia devant le magnifique escalier d'honneur, les élégantes volutes de fer et les colonnes de porphyre vert des Pyrénées. Ce n’est qu’à la fin de l’Exposition que les critiques fusèrent, concentrées surtout sur le fer utilisé, cette grosse “quincaillerie”, ou encore cette “énorme baleine lamentablement échouée sur les bords de la Seine”… Il faut dire qu'à elle seule la structure métallique pèse 9000 tonnes (à comparer aux 7000 de la Tour Eiffel) !

Le Grand Palais survécut heureusement à l’Exposition de 1900, ainsi que le Pont Alexandre III, le Petit Palais et le métropolitain.

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